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21/09/2015

Natyot et Julia Cima

 

Natyot, Pot aux Roses, QuimperArtiste pluridisciplinaire, passionnée des mots, de musique et d'art, architecte et chanteuse, performeuse et auteur, Nathalie Yot a un parcours hétéroclite à l'image de son écriture.
Nathalie Yot est née à Strasbourg en 1966 et vit à Montpellier. Elle est diplômée de l’école d’architecture en 1992 mais préfère se consacrer à la musique (auteur compositeur interprète signée chez Barclay) puis à l’écriture poétique.
D’abord dans le domaine de l’érotisme, elle publie Erotik Mental Food chez L’Harmattan (2008) et deux nouvelles Au Diable Vauvert (Prix Hémingway 2009 et 2010). Elle prend le pseudonyme de NATYOT.
Elle explore ensuite d’autres thèmes, ne laissant de coté ni l’intime, ni la chair car elle dit beaucoup d’elle, fait le tour de son isolement, toujours avec la même intensité. Elle obtient une bourse de la région Languedoc Roussillon pour D.I.R.E son deuxième recueil (Gros Textes mai 2011).
Elle se tourne également vers des projets théâtraux (dont le Total Local Poétic Club, laboratoire poétique où se mêlent diverses disciplines artistiques à la recherche de corrélation), anime des ateliers d’écriture, publie davantage en revue, est invitée à dire ses textes en France comme à l’étranger (Voix de La Méditerranée, BIPVAL, Expoésie, Voix Vives, Poésie Marseille, Parole spalancate / Italie, Poésie en arrosoir / Suisse, International Music Youth festival / Chine) seule ou accompagnée.
Elle publie Bois, Putes, Oiseaux en 2013 toujours chez Gros Textes.
Pendant quatre ans, elle fut chargée de mission par la Mairie de Montpellier pour le Printemps des poètes (Festival « Les Anormales » de la poésie repris en 2014 dans le festival Tropisme).

 

Bibliographie non exhaustive :
Comme un des mortels, coauteur Charles Pennequin, éd. MaelstrÖM, 2014 (poésie).
Bois, putes, oiseaux, éd. Gros Textes, 2013 (poésie).
D.I.R.E, éd. Gros Textes, 2011 (poésie) (livre-CD).
John de Vauvert, in Le Frère de Pérez et autres nouvelles du Prix Hemingway 2009, collectif, éd. Au diable vauvert, 2010 (nouvelles).
Juan Vita, in Brume et autre snouvelles du Prix Hemingway 2010, collectif, éd. Au Diable Vauvert, 2010 (nouvelles).
Notopos, anthologie collection Biennale internationale des poètes en Val de Marne, 2010 (poésie).
Erotik mental food, éd. L'Harmattan, 2008 (nouvelles).
Anthologie des Voix de la Méditerranée, éd. du Clapas, 2008 (poésie).

Extrait :
LA PLANCHE
Femme a du pain sur la planche. Des fois pas de pain, que la planche. Femme regarde la planche. C’est du beau bois massif cette petite planche. Du bois de la forêt.
Ah, la forêt ! pense-t-elle. Dit-elle. S’y perdre. Se perdre dans toutes les planches, ne plus retrouver la sienne.
Femme ne s’évade jamais, regrette. Elle est trop utile pour s’évader. Elle fabrique sans cesse (productive). Avec ses mains, ses dix petits doigts qui s’activent, avec son ventre, son ventre-machine, avec sa tête elle cherche des solutions. N’en trouve pas des tonnes.
Alors la nuit, pour reposer la tête, pour reposer la bête, pour reposer la tête de la bête, femme chante, femme danse, femme fume, femme rit.
On est content pour elle. C’est quand même une petite évasion ça. Femme se permet la petite évasion. Femme sait qu’il faut se sortir de la planche, s’extirper de là, courir dans l’autre sens. Le sens qui n’est pas celui du pain quotidien, de la routinette tranquillette avec la planche qui colle sous le bras.
C’est pas que dans les rêves, pense-t-elle. Dit-elle. Femme n’a pas que des rêves, d’ailleurs elle s’en fout des rêves. C’est possible ça ? Partir des rêves ? Faire autre chose que faire des rêves ?
Pour l’instant, Femme ne sait pas et quand Femme ne sait pas, elle pleure. Elle pleurniche. Et quand Femme pleurniche, elle fait la petite évasion. Celle qui permet de vivre encore une semaine avec la planche collée sous le bras.
La petite évasion, c’est souvent le samedi (soir). Pas de jour pour la grande. Pas de jour précis. On ne précise pas pour la grande.
Femme devrait se mettre une date butoir. La date où elle irait jeter sa planche dans la forêt avec toutes les autres planches.
C’est prévu, pense-t-elle.Dit-elle

 

Julia Cima, Pot aux Roses, QuimperNée en 1975, Julia Cima est diplômée du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Elle est interprète auprès d’Odile Duboc pour Trois boléros, puis accompagne durant onze ans le travail de Boris Charmatz : Aatt enen tionon, Herses (une lente introduction), Con Forts Fleuve, héâtre-élévision, Régi et Quintet cercle. Au sein de l’Association Edna, dirigée par Boris Charmatz, Julia Cima participe à une série d’événements performatifs : Confrontations, Education, Statuts. Elle commence alors un travail d’improvisation dans des endroits et des contextes très variés. En parallèle de cette longue collaboration, elle travaille avec Gilles Touyard (Programme court avec essorage), Myriam Gourfink (Uberengelheit), Alain Michard (Virvoucher), Benoît Lachambre (Tracer), Elisabeth Schwartz (Les plis du temps) et Laure Bonicel (Le bleu est à la mode cette année / Panoplie). Elle anime également une série d’ateliers pour danseurs amateurs durant deux ans. En 2005, elle crée Visitations, spectacle constitué de solos découverts pour la plupart dans les archives de la Cinémathèque de la Danse à Paris, qu’elle choisit et interprète seule. Elle tourne ce spectacle en France et à l’étranger jusqu’en 2008. Elle entame alors un travail plus personnel, axé prioritairement sur l’interprétation. L’auteur et metteur-en-scène Gildas Milin l’engage comme comédienne pour sa pièce Machine sans cible. Cette rencontre l’encourage à travailler dans plusieurs domaines de l’interprétation : danse, théâtre, chant. Dans la continuité de ce travail de comédienne, elle crée avec Denis Lavant Brut de lettres, pour le Sujet à Vif 2008, dans le cadre du Festival d’Avignon. Guy Walter, directeur des Subsistances à Lyon, lui commande pour le festival ça valse! (oct 2008), une courte pièce sur des valses viennoises célèbres. Cette proposition, appelée Je suis enchantée, en duo avec le comédien Marc Arnaud et la participation de l’auteur Olivia Rosenthal, mêle un travail de texte et de corps. Julia Cima entame une collaboration avec Mathilde Monnier en 2008 (reprise de rôle pour 2008 Vallée et Tempo 76, puis création de Pavlova 3’23) tout en poursuivant son travail personnel : Danse Hors-Cadre (2009), POEM (2010). Elle enseigne depuis 2010 le travail du corps aux élèves de l’école du Théâtre National de Bretagne, dirigée par Stanislas Nordey. Julia Cima crée son association IMA & Co en 2012 et l’implante en Bretagne.

 

 

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