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18.02.2008

un blog à découvrir...

Celui de Christine Lapostolle, bien connue du Pot aux Roses, un merveilleux almanach à suivre au jour le jour, ainsi que les commentaires des fidèles lecteurs: Almanach

13.02.2008

Autour du radeau, lycée de Douarnenez

Immersion. De l'eau. Salée, glacée. Tu paniques.

Tu te débats. Tu essaies de crier, mais une eau noire et froide s'engouffre dans tes gorges, comme la peur. Un bout de planche passe. Il flotte parmi les débris. Une vague l'amène à toi. Tu t'y accroches, tu t'y cramponnes comme à ce dernier fragment de vie.

Tes membres sont engourdis et pâles. Dans ton attente désespérée, la terreur ne te quitte pas. Tu attends, tu n'as que cela à faire. Et malgré la tempête et le tumulte de l'instant, il n'y a que toi, sur cette planche, gelé et terrifié dans un grand silence assourdissant.

                                                                                             Clémence Grignard

 
 

Le radeau de la méduse

 Une lumière qui caresse les chairs, chair frôlant

Un frisson du regard, celui qui est,,,

Doute, fureur, vide, force

Une convulsion légère du visage

Faim, soif, peur de mourir

Les jambes se plient légèrement, se relèvent et tremblent

Espoir, combat, futur

Une main se crispe sur un drapeau, des lèvres s'entrouvrent et hurlent

Lassitude, abattement, sommeil

Ils sombrent, sombrent

Naufrage et naufragés 

Vide 

Calme

La mer 

                                                                                            Jérémy Ollivier

10.02.2008

Autour du radeau, lycée de Douarnenez

La classe de première L du lycée Jean Marie Le Bris de Douarnenez écrit sur le tableau et reçoit Lydie Salvayre.


Il est minuit dix, et cette couleur transparente vitale pour l'homme est sur le point de nous ôter la vie petit à petit en gagnant du niveau. La passerelle arrière se noie dans l'obscurité de cette couleur. Je t'écris pour te dire que je t'aime et t'ai toujours aimée. Je t'écris pour te dire que je ne reviendrai peut être pas de cette aventure. Je t'écris pour te dire que le regret et le désespoir me gagne.

Nous avons percuté un rocher en longeant la côte Africaine. Au début ce n'était qu'une simple petite brèche, mais qui par la suite s'est ouverte, agrandie de plus en plus. Il n'y a plus de canot de sauvetage, mais quel sauvetage ? Ce genre de situation laisse à l'homme la folie et la solitude pour choix. De plus nous sommes à plus de quarante kilomètres des côtes.

Mes pieds commencent à toucher cette mer qui me dégoûte et me submerge de terreur. Nous ne sommes qu'une vingtaine sur une moitié de navire qui sombre dans la sombre couleur de l'eau. Nous avons arraché tous ensemble une partie de la passerelle avant construite de bois, l'idée de radeau nous est venue en aide. Des draps et des mâts que transportait ce navire, un radeau parfait nous en firent. Mais tiendrons nous sans manger et quelques uns sans vêtement pour attacher la passerelle au mât dans une mer qui se déchaîne déchaînée de ses chaînes.

Il est cinq heures du matin et on aperçoit au loin le lever du soleil recouvert de nuages noirs tels la main de la mort. Le temps me semble trop long, tu me manques ainsi que les enfants. Je vous aime.

Dans tous les cas, à bientôt.

Yohann Boennec

 
Naufrage est le nom de mon chien : ses poils en bataille me font penser à un certain Crusoé.

Ses petits pas précipités sur le plancher ne sont pas pour autant sans volupté et résonnent dans l'appartement lorsqu'il apporte le courrier au près du pied du canapé.

Son regard abattu qui me scruta d'en bas, me brisa, me broya tel une batte de base-ball de bois.

Le jour où je l'ai sauvé, il n'était qu'un bébé, je suis resté bouche bée, j'avais fait ma B.A, c'était le BAba.

Ce petit naufragé si fragile ne fera jamais de mal, ne vous faites pas de bile, ce petit animal si docile ne feindra pas faire l'imbécile n'y voyez pas le mal.

 Ange Hersant

 
- Dis moi Anne, pour le scénar tu as une idée de mise en scène ?

 

« Les corps étaient inertes et blancs, les rescapés mélangeaient leur larmes aux puissantes vagues qui giflaient leur visages meurtris »

 

- Qu'est-ce que tu penses alors de ce projet ? En tout cas ça sauve la boite, sans ça on aurait échoué à l' ANPE.

 

« Les yeux hagards, les ongles rongés jusqu'au sang, le souffle régulier des survivants, voilà maintenant deux jours et ils ne sont plus que quatre, par manque de force ils laissèrent les cadavres pourrir à bord de leur radeau »

 

- Silence sur le plateau, lumière et action ! « Capitaine Cook, l'esprit marin ». Parfait c'est super .On la refait.

- Ils sont chiants ces artistes !

 

« Le grincement du mat de fortune et la houle qui frappe contre l'embarcation voilà le rythme des quatre seuls survivants de cette triste aventure, la folie des hommes était éteinte, l'espoir aussi. Ils ne parlaient plus, ne se battaient plus, ils eurent à peine la force de se pendre au mât, les uns après les autres, à cause du désespoir et de la souffrance de leur blessure. Cet amas de corps blancs maintenant s'éloigne dans l'infinité de l'océan »

 

Théo Jourdain


08.02.2008

Des ateliers de lectures, d'écritures, des évènements littéraires

873348d66213b07c446dde5ad4d8c61b.jpgLe Pot aux Roses est une association loi 1901, créée en juin 2004 à Quimper (29).

Son programme d’actions s'adresse à tous et en particulier aux jeunes. Il s’organise chaque saison autour d’une thématique commune. Les compétences de ses adhérents intéressent principalement le champ de la formation, de l’enseignement et de l’éducation.

Le Pot aux Roses propose cette année des ateliers d’écriture  qui seront des temps pour s’arrêter,  pour se souvenir, mettre en mots des œuvres contemporaines ou classiques exposées au Le Quartier, Centre d'Art contemporain, ou au Port Musée de Douarnenez qui nous invitent à écrire  lors des expositions temporaires.

Nous nous retrouverons également pour des ateliers de lectures et nous partagerons avec les écrivains invités, des textes, des extraits de romans, des poèmes, des coups de cœur et des livres qui d’une manière ou d’une autre ont marqué notre vie.

autour du radeau de la Méduse

Autour du radeau de la Méduse

 

Les textes qui suivent ont été écrits par Marie, Mélissa, Marina, Ophélie, Marie-Josée, Ahmed, Laura, Corentin, élèves de 5ème/4ème au collège de Toul ar C'hoat à Chateaulin. Les élèves ont reçu l'aide de l'écrivain Kossi Efoui qui est intervenu au cours de cet atelier d'écriture.

 

Je suis un survivant

Je suis celui qui continue à exister

Je suis celui qui demeure en vie

Autour de moi gravitent les morts

Autour de moi, la mer devient rouge

Dans mes oreilles, le bruit des vagues

Dans mes oreilles, les râles des survivants, le bruit du vent

Derrière mes paupières fermées, un arbre vert entouré de paons

Un bateau volant, ma femme chérie

Dans mes narines , l’odeur de la mort.

   

Peur de la mort

Si intense en moi

Je suis mort déjà.

   

Mon cœur se brise

Je ne te vois plus

Je te vois dans le ciel étoilé

Mon cœur revit.

   

Etoile brillante

Femme qui regarde

Et pense qu’un jour

Son mari revient de la mort

   

Entouré de tout ce monde

Il faut que j’apprenne à exister

Mais comment ?

   

Au loin je vois un voilier

Mais je ne sais si c’est la vie

Ou la mort qui vient me chercher

   

J’ai peur sans toi

Console- moi

Aide- moi

   

Je vois apparaître une ombre

Le courage me résiste

Je le saisis

   

Entre ciel et mer

Il y a un monde

Mais lequel ?

   

La mort m’entoure

Commence à m’envahir

J’ai peur de mourir

   

Envie de mourir

Envie de vivre

Je ne sais pas

   

Joie de voir un bateau

Espoir d’oublier

Peut être bientôt

Revoir les miens

   

Au loin un bateau

Espoir

Joie.

   

Je pense à ma fille

Et à mes proches

Tout en mourant

   

Femme nue

Son corps courbé

S’appelle Eve

   

Je veux revoir mon père

Le serrer dans mes bras

Et l’embrasser tendrement

   

Envie de mourir

Envie de vivre

Je ne sais pas

   

Je pense à ma fille et à mes parents

Tout en mourant

Je suis désespérée

   

La joie me pénètre

En voyant

Ce magnifique bateau

   

Autour de moi

Des corps mouvants

La solitude

   

Minute après minute

La fin approche

Sans avoir vu mes proches

La mort me guette

   

La rosée rouge

n’oublie jamais

son goût de solitude

   

Verse l’odeur de la peur

Je ne suis

Pas encore mort

   

Sous la lune vivante

Lune aveuglante

Un homme aux os blanchis

Se dresse

 

 

06.02.2008

des textes

Bientôt sur ce blog les textes écrits dans le cadre d'ateliers d'écriture autour du radeau de la méduse....

04.02.2008

Le Radeau de la Méduse

fe186887ac7dab7004a1d9243c3f8eb5.jpgThéodore GÉRICAULT
Rouen, 1791 - Paris, 1824

Le Radeau de la Méduse
Salon de 1819
H. : 4,91 m. ; L. : 7,16 m.

Ce tableau est une des oeuvres capitales du XIXe siècle. Le thème est celui d'un événement récent, le sauvetage de quelques rescapés du naufrage de la frégate "La Méduse'' sombrée, en 1816, près des côtes du Sénégal.
Cent cinquante hommes avaient pris place sur un radeau qui dériva pendant dix jours. Quinze mourants subsistaient quand un vaisseau fut en vue. C'est le moment choisi par le peintre. Géricault se fit conter la tragédie par les deux survivants, représentés au pied du mât, qui lui donnèrent une description exacte du radeau. Son souci de réalisme le conduisit dans les hôpitaux pour étudier les moribonds et les cadavres. L'oeuvre est parfaitement romantique par son inspiration, un sujet d'épouvante puisé dans l'histoire contemporaine, par sa facture emportée, par le dynamisme qui l'anime : néanmoins, elle se réfère à la tradition classique par sa composition pyramidante. Elle est vilipensée au Salon de 1819, tant pour la nouveauté de son interprétation que pour son esprit où on décèle des intentions politiques (le naufrage de "La Méduse'' avait suscité des remous contre le pouvoir), la présence d'un naufragé noir est considéré comme un manifeste contre l'esclavage. En revanche, le tableau soulève l'enthousiasme en Angleterre où Géricault l'expose en 1820.

 

Acquis à la vente posthume de l'artiste par l'intermédiaire de Pierre-Joseph
Dedreux-Dorcy, ami de Géricault, 1824

Atelier de lecture avec Lydie Salvayre

94603db691a23da46f2ab0060f2375fc.jpgA l’occasion de la présentation par le Port Musée de Douarnenez d’une copie du célèbre "Radeau de la Méduse" de Géricault, nous proposons un atelier de lecture animé par l’écrivaine Lydie Salvayre, vendredi 1er février à 18h30.

Ce tableau, a inspiré à Lydie Salvayre un texte qu’elle nous lira ce soir là, et nous nous retrouverons pour partager des extraits d’oeuvres autour de la survie et des naufrages, naufrages intérieurs et/ou accidentels, de la survie sur un radeau ou de la survie dans le monde d’aujourd’hui.

Dans un atelier de lecture, tout le monde est lecteur même s’il ne vient qu’écouter. Le principe est le partage avec un écrivain invité, de textes que l’on a envie de lire. Le dernier ouvrage paru  de Lydie Salvayre est "Portrait de l’écrivain en animal domestique" aux éditions du Seuil en septembre 2007.

*copie de Jabiot, collection "Musée des Beaux-arts, Bordeaux

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